Sur les rayons des bibliothèques, je vis un monde surgir de l'horizon.

Jack London

  • Couverture du livre: La piscine magique

    La piscine magique

    par Carl Norac

    C'est un livre joyeux et très drôle, à l'humour potache, aussi savoureux à raconter qu'à écouter. Fantaisiste et coloré, d'une conception graphique très vivante et aérée, l'album semble déborder d'énergie.

    Un texte surtout dialogué aux tonalités sonores, parfaitement adapté à la lecture à voix haute, entraîne à coup sûr des éclats de rire, pour peu qu'on y mette la manière. Et les illustrations à l'aquarelle de Clothilde Delacroix, accessibles et expressives, immédiates et gaies s'unissent naturellement à la poésie, aux jeux de mots des différents registres de langue que Carl Norac mélange aussi habilement que les classes sociales de la population animale qu'il met en scène dans son histoire.

    Le Roi Lion a une piscine. Magique de surcroît. Mais dans la jungle, personne ne l'a encore vue et les doutes formulés sur son existence et sa particularité vont bon train. Pour faire taire ces papotages agaçants, le Roi décide d'ouvrir sa piscine au public. Ils invitent ses sujets à se présenter en maillot de bain chic et choisira parmi eux, et de manière autoritaire, ceux qui pourront rester et prendre un bain.

    Un défilé impressionnant et insolite d'animaux apprêtés rend le choix difficile. Le lion est hésitant mais il saura choisir l'élégance de la girafe et de la marquise cochon, l'exotisme du phoque arctique, l'assurance du crapaud ou encore la sagesse du marabout.

    Tous sont admiratifs de la piscine conçue par un célèbre chameau architecte égyptien et laissent éclater leur joie. La fête bat son plein jusqu'à l'arrivée de la Reine Lionne, insupportable et mondaine. Crispée par cette cour mal élevée et ignorante, elle va tenter un plongeon, histoire de les éduquer un peu. Bien mal lui en prend. Mais quel plaisir final pour le lecteur !

    Quel que soit le vêtement choisi, le bain est stimulant et délicieux. Même sans savoir nager.

    Cécile Pellerin - Chronique publiée le 08/02/2016